• L'effondrement des civilisations polythéistes

           Le polythéisme est une conception religieuse ou philosophique selon laquelle il existe plusieurs êtres divins ou dieux. Parmi toutes les religions polythéistes celles qui nous intéressent sont les religions précolombiennes de mésoamérique. La mésoamérique définit surtout un territoire culturel d'avant la conquête espagnol qui s'étend du Mexique jusqu'au nord du Costa Rica. C'est une zone organisée en ethnies de chasseur-cueilleurs au nord, d'agriculteurs au sud, qui partagent de nombreuses caractéristiques culturelles telles qu'une architecture édifiée autour de centres sacrés, des pyramides et des places, des religions polythéistes et des sacrifices humain. Nous allons plus particulièrement nous intéresser à la civilisation Maya.

    L'effondrement des civilisations polythéistes

    Les Aztèques ont une religion principalement astrale et se caractérise par un panthéon illimité (temple consacrer à certains dieux). Il s'agit donc d'une religion strictement fonctionnaliste c'est-à-dire que les dieux, voués à la conservation du monde, sont affectés à des tâches précises d'assistance aux hommes. 

    La religion Maya est une religion construite sur l'interprétation des phénomènes naturels. Les dieux avaient créé le cosmos et interagissaient avec la terre, la pluie, les récoltes. Les dieux occupaient donc une place dominante dans le quotidien des Mayas qui n'avaient pas d'autres recours que développer cultes, cérémonies et vénérations. Les différents dieux étaient:

    • le dieu du ciel "Itzamna"
    • le dieu de la pluie "Chaac", probablement le dieu le plus représenté dans la civilistation maya.
    • le dieu de la mort "Ah Puch"L'effondrement des civilisations polythéistes
    • la déesse du paradis et des suicides "Ixtab"
    • le dieu du maïs "Yum Kaax"
    • le dieu des commerçants "Ek Chuah"

    Dans la religion maya, chaque étoile, chaque cycle du temps devenait un dieu, ce qui rendait la religion Maya très complexe et interprétable uniquement par quelques prêtres. On vénérait donc les dieux pour tous les actes du quotidien, de l'art au commerce, en passant par la science, l'agriculture, la guerre ou l'architecture. Le calendrier des cérémonies religieuses conduites par les prêtres étaient chargés : exorcismes, immolations, abstinences diverses et jeûnes ponctuaient l'année.
    Les Mayas pensaient que les dieux étaient, comme les humains, imparfaits. Pour vivre, on devait les nourrir de sang, et celui des prêtres représentait l'offrande ultime ! Ils pratiquaient pour cela l'automutilation, se faire transpercer par une flèche ou encore se faire arracher le cœur encore battant pour l'offrir aux dieux.

    La civilisation maya est l'une des plus anciennes d'Amérique, remontant à plus de 1000 ans avant notre ère. Elle est tombée dans l'oubli après la conquête. Le monde du XVIIIe siècle n'en connaissait presque rien. La forêt avait recouvert les cités et la conquête espagnol avait effacé les traces inestimables, en brûlant la quasi totalité des livres rédigés sur de l’écorce, des feuilles à base de fibres végétales ou du cuir animal. On sait qu'aujourd'hui que leur civilisation fut sans doute la plus prestigieuse de la mésoamérique. Au XVIe siècle, c'est une culture maya instable qui voit apparaître les premiers conquistadors venus d'Espagne. Leur rencontre va sceller la fin de l'Empire Maya, en effet, quand Hernán Cortés débarque au Mexique en 1519 avec 600 hommes et 16 chevaux, il n'a alors que 34 ans et participe à la conquête espagnol dans les îles des caraïbes depuis 1504. Haïti et Cuba sont colonisés. Hernán Cortés y prend du grade, en participant à des expéditions militaires, en administrant l'encomienda. Ses affaires fleurissent et il crée une société de commerces.

    L'effondrement des civilisations polythéistes  

    En parallèle, on lance deux expéditions de découverte des terres de l'Ouest. On y découvre des tribus indiennes beaucoup mieux organisées que les Antillais. Ils sont disciplinés, portent des étoffes tissés et colorées et sont soumis à une religion toute puissante. Mais surtout, les Indiens ont de l'or qu'ils échangent parfois avec les espagnols. Les premiers affrontements sont terribles pour les conquistadors, mais l'appât de nouvelles richesses vont les motivés. Le gouverneur de Cuba met sur pied une nouvelle armée plus importante et en confie le commandement à Cortés. Sa mission sera d'aider les troupes en place d'établir le contact avec les indigènes, de reconnaître les nouveaux territoires et de ramener des preuves de l’intérêt de ces territoires. Mais Cortés veut plus, ce qu'il veut c'est prendre possession de territoires, installer une colonie espagnol, soumettre les Indiens et mettre la mains sur leurs trésors. Une conjonction d'évènements va la servir. Tout d'abord, les civilisations maya et aztèque sont en plein déclin, fragilisées par les luttes de pouvoir. Ensuite, l'arrivée d'un grand blond annoncer par les grands prêtres sera bénéfique à Cortés car l'accueil des ces civilisations sera empli de vénérations et de quelques craintes. Cortés scelle là le futur d'un monde et de ses habitants. La conquête mexicaine va s'exprimer par le triomphe de la Croix. Les tribus se rallient peu à peu aux Espagnols. Il faudra deux ans à Cortés et ses armées pour venir à bout de cette dynastie et prendre le pouvoir. Le dernier empereur, Cuauhtemoc, sera torturé et exécuté. 

    L'effondrement des civilisations polythéistes

    Aujourd'hui, la péninsule du Yucatan a su maintenir ses traditions spécifiques. Un grand nombre de ses habitants continuent de parler et de faire vivre la langue et les coutumes mayas. On estime à environ 6 millions la population maya vivant sur un territoire comprenant le sud-est du Mexique, le Guatemala, le Belize, le nord du Honduras et du San Salvador. On peut qu'admirer le courage et la détermination de ce peuple qui, malgré les conflits inter-tribaux, le déclin, la conquête espagnol, le métissage, les guerres et les révolutions, a su maintenir aussi intactes des traditions ancestrales. Les Mayas du XIXe siècle sont en effet très respectueux des coutumes, des croyances et des rites transmis par leurs ancêtres. Un grand nombre d'habitants continuent en particulier de parler et de faire vivre la langue maya, langue officielle avec l'espagnol. C'est encore pour beaucoup la langue de la famille, de la maison, de la tradition. Elle fait partie des programmes scolaires dans les régions concernées et c'est pour tous une fierté de la parler, un symbole fort de transmission d'un savoir et d'une culture.L'effondrement des civilisations polythéistesL'effondrement des civilisations polythéistes

    Autre héritage ancestral, la spiritualité et la religion tiennent toujours une place très importante. Les Mayas ont su revisiter le christianisme imposé, en le teintant de paganisme (pour les chrétiens, religion polythéiste des païens). Les mayas apprécient les fêtes où le culte des saints se mélange aux rites traditionnels.