• La mort des identités indigènes ?

    Evo Morales est le président bolivien réélu pour la troisième fois le 12 octobre 2014. Né dans une famille Aymara (peuple indigène) et  issu d'une famille de paysans, il doit rapidement mettre terme à sa scolarité. Il enchaine alors les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Plus tard, il décide de s'engager dans le combat politique et la lutte syndicale. Il devient en 2005 le premier Aymara à accéder à la plus haute fonction de l’État. Il est entré en fonction le 22 janvier 2006. Bien qu'il soit le premier chef d’État d'ascendance amérindienne du pays, il est le premier à s'affirmer en tant que tel, et à relayer les revendications culturelles et sociales des populations indigènes. Il a été le réélu pour la seconde fois en 2009.  Evo Morales est une figure emblématique en Bolivie pour représenter les cultures indigènes peu à peu oubliées.

    Par ailleurs, les Quechuas, qui sont de nos jours le plus grand peuple indigène d'Amérique latine avec leur langue : le quechua est parlé par près de 9,6 millions de personnes. Les quechuas sont les dépositaires de la civilisation inca, l'Empire inca s'étendait à son apogée sur la partie occidentale de l'Amérique du sud, entre l'océan Pacifique et la Cordillère des Andes. Cela représentait un territoire long de 4 000 km et couvrant une superficie de plus de 3 millions de km². La capitale était Cuzco, située au Pérou.

    La civilisation inca se développe du XIe au XVIe siècle. Leur règne sur le tawantinsuyu (Empire inca le plus vaste de l'empire de l'Amérique précolombienne) s'achève avec l'exécution d'Atahualpa (dernier empereur de l'Empire inca), lors de la Conquête espagnole en 1533. La mort de l'Inca ne signifie pas la disparition du peuple Quechua. Bien que la division Inca ait été dévastée, la langue Quechua fut utilisée comme langue d'évangélisation et elle prit le pas sur d'autres langues autochtones. De ce fait, de nombreuses populations, très diverses culturellement se revendiquent aujourd'hui de la nation Quechua. À l'heure actuelle, dans les Andes, le quechua comme l'aymara est de moins en moins parlé dans les provinces, et pourrait disparaître au cours des prochaines générations.

    Carte des régions où l'on parle le Quechua
    Source: wikipedia

    Étude de cas sur le Costa Rica:

        D’après un recensement qui date de 2000, il y aurait environ 64 000 indigènes au Costa Rica, soit 1.7 % de la population totale. Ils sont cependant exclus du développement économique, des services sociaux et de la protection légale. Ils font partie des plus pauvres et sont marginalisés par la société costaricienne. Afin de préserver leur identité culturelle, les tribus indiennes doivent lutter contre la discrimination et l’acculturation. Une des menaces qui pèse sur les populations indigènes est la perte des terres et des ressources naturelles que les agriculteurs non indigènes, les compagnies minières et pétrolières s’approprient petit à petit.

    On recense 8 tribus qui descendent des Mayas et d’indigènes d’Amazonie. En raison de leur isolement dans la forêt difficilement pénétrable, les indigènes sont aujourd’hui très peu métissés et ont gardé leur authenticité.En 2000, on a estimé entre 6 et 7 millions le nombre d’indigènes en Amérique centrale.
    Pendant longtemps, et encore aujourd’hui, il a été difficile de donner des chiffres exacts sur le nombre d’indigènes présents en Amérique centrale. Certaines tribus vivent dans des zones reculées presque inaccessibles rendant ainsi leur recensement impossible

    L’exemple des Cabecares:
    Ils se situent dans l’atlantique sud dans la province de Limon, dans la vallée du fleuve Estrella et dans la réserve de Talamanca. C’est un des gros groupes indigènes qui a son identité culturelle la plus marquée. Cette ethnie parle sa langue, le cabecar et l’espagnol. Ils ont conservé leurs coutumes et traditions. Ils cultivent le café, le cacao et les bananes, ils chassent les oiseaux et pêchent.

    famille

                       

     

     

     

     Famille Cabecares

     

        La perte progressive des territoires est le problème majeur de ces peuples indigènes. Mais c’est également la source d’autres difficultés telle que la création de systèmes éducatifs. Aujourd’hui, les indigènes souffrent donc des problèmes de toutes sortes, leurs pratiques traditionnelles continuent à être déplorés, voire persécutés, également pour la médecine traditionnelle, les croyances religieuses et les coutumes sociales. Finalement, tout ce qui est lié à l’identité culturelle de ces peuples est touché. En 1977, une loi est instaurée :

    L’article 9 stipules que les terres qui sont déclarées reverses indigènes doivent être cédés aux communautés indigènes. Mais aujourd’hui, beaucoup de ces cessions n’ont pas été faites et beaucoup de réserves indigènes sont, jusqu’à 80 %, peuplés par des personnes non indigènes. Les articles 6 et 7 mentionnent la possibilité pour les indigènes de faire usage rationnel des ressources naturelles.

    les indigènes ne sont pas reconnues comme composante fondamentale de la nationalité costaricienne. D’une manière générale, les communautés indigènes n’ont pas leur place dans le spectre politique national et participent très peu aux prises de décisions fondamentales du pays, et même celles qui les concernent.

    Les populations indigènes ont un avenir incertain, malgré la loi Indigène de 1977, les tribus indiennes du Costa Rica ne sont pas encore reconnues et respectés sur leurs propres terres. Le gouvernement costaricien est en train de mettre en place un projet de construction hydroélectrique qui inondera une partie des réserves indigènes. Ce projet gouvernemental inclut une relocalisation des tribus loin de leur terre natale.

        Pour conclure, le nombre d'indigènes ne cesse de diminuer depuis ces dernières années, en cause, leurs pratiques traditionnelles déplorées  et leurs coutumes sociales en marge de la société. Cependant des hommes comme Evo Morales, le président bolivien, symbole de la réussite qui incarne le premier indigène à accéder à la plus haute fonction de l'Etat prouve que ces peuples peuvent être sauvés et protégés.





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