• Les limites : les résistances indiennes

    Les limites : les résistances indiennes

    (Túpac Amaru II)

    Dans les territoires auparavant dominés par les deux grands empires préhispaniques, les révoltes ont été rares mais elles ont couvé jusqu'à la fin de la période coloniale.

    Réfugié dans les Andes, le dernier représentant de la dynastie inca, Tupac Amaru, a été décapité en 1572. Cependant, deux siècles plus tard, son nom servait encore de cri de ralliement aux Indiens rangés derrière la bannière de Condorcanqui (autrement appelé Túpac Amaru II, à la tête d'un mouvement de rébellion indien en 1780), exécuté à son tour après avoir mis en péril la présence espagnole au Pérou.

    Dans les espaces périphériques, la résistance indigène a été beaucoup plus forte. Ainsi, au nord de la Nouvelle-Espagne, forts, missions et villages de colonisation ont subi les assauts répétés de tribus apaches (les anciens Chichimèques) jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.

    En Amérique centrale, les Moskitos venus de la côte caraïbe du Nicaragua (et soutenus par leurs alliées anglais) ont régulièrement semé la désolation dans les régions centrales de la province, là où les Espagnols avaient installé des communautés indiennes soumises à la Couronne et converties à la vrai Foi.

    Dans ce contexte de guerre permanente, les provinces méridionales du Chili sont jusqu'à la fin du XIXème siècle l'un des plus importants centres de la résistance indigène, le Río Biobío (fleuve traversant le Sud du Chili) servant de frontière théorique (car souvent franchie dans un sens comme dans l'autre) entre les établissements espagnols et les communautés Mapuches.